Intro : Le point de départ


Je suis Canadien. Je suis Québécois en fait. 

Enfin… Je suis Français aussi. Bon je suis un peu de tout ça. Difficile de me décrire, comme ça, en quelques mots. Je suis du genre à aimer parler de moi, mais quand vient le moment, je ne sais plus vraiment quoi dire. Alors pour commencer, je suis Julien. Je suis marié à Sébastien, l'homme de ma vie. C'est important de le souligner ça. Parce qu'en fait ce n'est pas uniquement de moi dont il s'agit, c'est de lui aussi. De nous. Lui il est Québécois. Un vrai de vrai. Et depuis qu'on s'aime, j'ai l'impression que nous avons eu plusieurs vies déjà. Mais sans bouger de Montréal. Je peux compter sur les doigts de mes deux mains les fois où nous sommes sortis de la ville.

S'il est une chose que nous aimons, c'est notre confort. 

Ça c'est clair. Nous ne sommes pas riches. Loin de là. Mais nous n'avons pas à nous plaindre. Puis je sais gérer l'argent. Ah ouais, ça je sais faire. Pas radin hein. Méthodique plutôt. Quoiqu'il en soit j'aime notre appartement dans le quartier tranquille de Rosemont. À l'ombre des érables. J'aime notre déco moderne. Made in Canada pour la plupart. Enfin, je crois. J'aime les tableaux de peintres québécois accrochés sur nos murs. Nos électroménagers en stainless steal. Nos lumières dont on choisit l'intensité et la couleur avec une application iPhone. Ah oui merde, nous aimons surtout nos iPhones. Nos MacBooks. Nos iPads. En fait c'est con, on trippe sur Apple. Et si on a pas la Apple Watch, c'est parce que je suis "méthodique" niveau fric justement. Ok, disons radin sur ce coup-là.


On a plus de lecteur DVD. On regarde Netflix.
On boit plus d'espresso. On boit des Nespresso.
On prend plus le taxi. On call un Über.
On va plus à l'hôtel. On loue sur Aribnb.
On a pas de vélo. On est abonné à Bixi.
On râle quand on conduit une voiture qui n'est pas hybride.
On a toujours du quinoa dans le placard et des fruits frais dans le frigo.
On n'achète plus de fromage français, on achète Québécois...

Putain... On est carrément des bobos en fait.

Mais ça va. Ça va. J'assume. J'en suis pas à mon premier coming out et celui-ci ne devrait pas être plus compliqué que le précédent. On est des bobos, voilà, c'est clair. C'est dit.
Puis moi franchement, faire un trek de quinze jours en tournant sur trois slips et en faisant caca dans des boîtes en carton, c'est pas trop mon trip.

Pourquoi je dis ça ? Parce que le fait d'être bobo ne nous empêche pas de vouloir voyager. Nous imprégner d'autres cultures. Voir le reste de l'Amérique. L'Europe. L'Asie. Lâcher nos jobs à temps plein et prendre un billet d'avion vers l'inconnu. C'est ça qu'on veut. C'est la liberté en fait.

Je vous entends déjà gueuler "Ce sont pas des bobos, ce sont des putains de hippies, brûlons-les !". Alors là non, pas du tout. J'ai dit que j'assumais être un bobo, mais je suis carrément pas un hippie. Les auberges de jeunesses en Asie avec le gars dans ton dortoir qui chie liquide toute la nuit parce que "hey c'est bon, relax man, c'est pas un petit verre d'eau qui va me tuer". Pas vraiment non. C'est pas mon concept de la découverte du monde.

Je suis pas du tout sarouel et fleur dans les cheveux. 

Moi, je suis plutôt Levi's et crème de nuit, vous voyez. Donc c'est justement là le défi ! Pourquoi serions-nous obligés de partir parcourir le monde façon vie bohème ? Pourquoi ne pourrions-nous pas le faire façon bourgeois bohèmes ? En l'assumant à 100% quoi. En dégustant des tranches de Pata Negra au marché de la Boqueria à Barcelone plutôt que de se faire une cure de riz bouilli parce qu'on a soi-disant pas les moyens. Vous comprenez ? Quelque chose à mi-chemin entre la croisière buffet-bronzage dans les Caraïbes et la rando caca-carton au Zimbabwe.

Ce que nous voulons c'est vivre le monde tel qu'il est, sans pour autant faire une croix sur qui nous sommes. Vivre comme des locaux. Visiter des lieux uniques. Lentement. Échanger avec les gens et apprendre les secrets de chaque ville. Puis bosser à distance. Gagner un peu d'argent. Et surtout bien le gérer. "Méthodiquement". Sans être radin. Mais sans dépenser des millions non plus. Rester des bobos quoi. Mais des bobos qui bougent et qui s'ouvrent sur le monde. Devenir des bobos nomades, en fait. Ce ne sera certainement pas tous les jours facile. Mais si j'ai la certitude d'une seule chose dans la vie, c'est qu'il est impossible d'avancer si on ne se met jamais en danger.


LIRE LA SUITE ==> Chapitre 1 : La prise de conscience

Auteur : Julien Valat

4 commentaires:

  1. j'ai beaucoup aimé votre présentation ! Même si ce n'est pas toujours facile à assumer, il est temps que les bobos sortent de l'ombre ;)
    notre conception du voyage est un peu la même que la votre : on ne voyage pas en classe affaire (mais putain j'aimerais bien !!!) mais on ne partage pas non plus nos toilettes avec 20 personnes ! je suis heureuse d'être tombée sur vous, sûr je vais suivre vos aventures...
    Je vous souhaite bien du bonheur sur la route.

    NB : je comprends que vous ne soyez pas sortis de Montréal pendant longtemps ! Nous avons adoré cette ville quand nous y sommes passés :)

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    1. Merci Mitchka ! En effet, il est temps qu'on s'assume ;-) Je vous souhaite aussi plein de bonheur dans vos voyages, je vois que vous en avez déjà fait pas mal !

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  2. Bonjour Julien,
    ON va être un peu hors sujet mais je suis tombé sur un article que vous avez écrit il y a bien longtemps sur un autre site. Je l'ai trouvé extrêmement intelligent et pertinent( http://vitamin-e.laclinique.biz/fr/blog/business-computing-entreprise/aujourdhui-une-entreprise-peut-elle-encore-vivre-sans-site ).
    Je tenais vraiment à vous féliciter. Comme il n'était pas possible de laisser un commentaire via l'autre site je le fais ici.
    Voici la teneur de ce dernier :
    "Très très bon article Julien. Vous allez à l'essentiel, vous anticipez les réactions communes des gens et donnez les réponses justes. Même si cet article date quelque peu il est encore fort d'actualité de nos jours car il reste encore beaucoup d'entreprises qui ne passent pas le pas du web alors que le ROI peut être énorme lorsque le site est intelligemment marketé.
    Je dis juste bravo. Incroyable que personne ne vous ait félicité entre temps.
    J'inaugure ;) .
    Bien à vous

    Nguyen Denis ,
    http://minervewebstudio.com "

    Merci pour votre intelligence et votre style ! ;)

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    1. :-) Le commentaire est effectivement inattendu ! Mais ça fait très plaisir ! Merci pour les compliments !

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