Chapitre 20 : Retour au Japon

– Rohhh c’est insupportable... lança Seb. 
– De quoi, mon cœur? demandai-je. 
– L’odeur du gars en arrière. Il pue. C’est horrible.

Voilà qui commençait parfaitement les quelque douze heures de notre vol Paris-Osaka! Ma seule réponse fut d’ouvrir une serviette humide et légèrement parfumée que nous offrait généreusement Air France, pour la tendre à Seb. «Mets-la sous ton nez... Ça va aider...» Réponse absurde du gars exténué après un Montréal-Paris. Qu’est-ce que j’imaginais? Que Sébastien allait se fourrer la lingette dans les narines pendant une demi-journée?

Le supplice de l’avion

Soyons sérieux deux minutes. Qui, à part le gars qui dépense cinq mille pièces pour se prélasser en business class, aime les voyages en avion? Passons sur le fait que je me chie dessus dès le décollage. Ça n’a rien à voir. Là, je parle simplement de confort. Qui se dit : «Ah, cool, je vais pouvoir me reposer et profiter de ces douze heures d’avion pour me détendre!» Peut-être celui qui vit dans une chambre de bonne parisienne avec les toilettes sur le palier et des rats comme colocataires ?

Je veux pas faire ma princesse... Si, allez... Je fais certainement ma princesse! Le gars qui pue en arrière, c’est juste une chose. C’est la faute à «pas de chance». C’est comme le bébé qui chiale ou les adolescentes surexcitées. J’ai encore jamais eu le combo, je touche du bois.

Mais le reste, c’est un supplice, non? Ou il y a que moi qui pense ça? Je veux dire... Du moment où on rajoute «quand même» dans une phrase, c’est que c’est un supplice, mais qu’on ne veut pas l’avouer. Du genre : 
«Le siège est quand même confortable...» = J’ai mal au cul, mais j'aurais pu être assis sur des clous.
«La bouffe est quand même pas si mal» = On va pas se plaindre, on aurait pu manger chez la belle-mère! (NB : référence faite uniquement pour la blague, aucun rapport avec MA belle-mère qui cuisine excellemment bien. Je préfère mettre les choses au point avant de m’en prendre une!)
«Y’a pas trop de turbulences, quand même.» = J’ai un peu vomi dans ma bouche, mais au moins on s’est pas écrasé!
«Les hôtesses sont gentilles quand même!» = Elles lèvent les yeux au ciel quand je demande un service, mais au moins elles m’ont pas craché dessus. 
«L’avion fait pas trop de bruit quand même...» ==> Là, c’est juste de la mauvaise fois. Bon en même temps, tant qu’il fait du bruit, je sais que les moteurs fonctionnent. Ça rassure.

Dormir pour oublier... Ou pas... 

Pour essayer d’oublier le supplice, on t’as installé un «système de divertissements». Ça mérite un bon gros «LOL». Oui, oui. Si la tablette tactile qu’on t’avait offerte à Noël était aussi petite et mal foutue, tu te la serais fait rembourser. Mais bon, t’as plein de films, quand même! Puis tu peux jouer à «Qui veut gagner des millions». Wow. 
Par conséquent, je regarde un maximum de films. J’aime dire que je «rentabilise» mon vol. Cinq films en douze heures, en comptant que la place de cinéma est à douze dollars, j’économise soixante dollars. RE-WOW! En même temps, si j’avais eu vraiment envie de voir ces films-là, j’aurais déjà été les voir au ciné avant. Bref... 

«T’as qu’à dormir, pour faire passer le temps!»
Ah bah oui! Excellente idée! J’y avais pas pensé, du tout! Je préférais mâter la dernière comédie avec Frank Dubosc, parce que ça avait l’air vraiment bon... 

Ouais... Je fais partie de ceux qui sont infoutus de dormir correctement dans l’avion. Le genre de sommeil absolument pas récupérateur. Tu sais, quand ta tête tombe vers l’avant toutes les dix minutes, pour te rappeler que tu essaies de dormir assis! Puis en plus, tu te stresses en te répétant que si tu dors pas, tu vas être crevé en arrivant. Ça aide pas...

Ah oui, parce qu’en arrivant, il y a le deuxième effet KissCool (bonne référence des années 90). Le bon vieux décalage horaire! Puis là, entre Montréal et Osaka, on fait pas les choses à moitié. Treize heures de décalage. C'est clair, y’a de quoi foutre en l’air tes premiers jours au Japon. Enfin, tes premières nuits. Enfin... Je sais plus! De toute façon t'as envie de dormir tout le temps. Tu fais des nuits de quatre heures. Des siestes de deux heures. Tu sais plus quelle heure il est. Tu manges n’importe quand...

Et après tu t’étonnes que j’écrive des articles où je fais que râler! 


LIRE LA SUITE ==> Chapitre 21 : C'est comme un tremblement de terre

Auteur : Julien Valat

1 commentaires:

  1. Mdr, moi aussi je suis déjà tombé dans un vol d'avion avec un mec qui puait la mort...
    J'ai averti les hôtesses et elles lui ont proposé une place à l'écart... heureusement que l'avion n'était pas plein !

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