Chapitre 6 : La plus grande exposition de Paris


- Et merde…
- Quoi ?
- J'ai marché dedans…
- Avec le pied gauche ?
- Ouais pourquoi ?
- Ça porte bonheur il paraît…
- Génial. C'est dégueulasse pareil...


Bienvenue à Paris !

Ville où les merdes de chien sont aujourd'hui une spécialité, à tel point qu'on pourrait faire un guide Michelin des trottoirs de la capitale, donnant des étoiles à ceux qui exposent les plus beaux spécimens :
La grosse merde bien formée et fraîche du matin,
La merde diarrhéique qui glisse sous la semelle,
La petite merde sèche abandonnée dans un coin,
La merde semi-écrassée qui a déjà fait le bonheur d'un passant,
La merde fossilisée incrustée dans le pavé…

Il y en a tellement qu'on croirait à une démarche volontaire.
Mais c'est certainement ça en fait ! Paris est une ville si artistique, si avant-gardiste au niveau culturel qu'ils ont réglé ce problème en le transformant en réflexion contemporaine autour des différentes formes de déjections canines. Le thème doit être "Tel maître, telle merde", la plus grande exposition vivante et évolutive de Paris, qui défend la thèse artistico-sociétale qu'un maître canin est aussi dégueulasse que la merde de chien qu'il laisse volontairement sur le trottoir.


Pourtant, Paris est bien plus qu'une collection d'étrons

Son architecture, ses parcs, ses monuments, ses passages couverts, tout nous émerveille. En parcourant les rues de la ville à pied, près d'une centaine de kilomètres en l'espace d'à peine une semaine, nous avons été les témoins de nombreux joyaux que compte la Ville Lumière. Sans parler des pâtisseries, macarons, éclairs, croissants aux amandes et mousses au chocolat qui viennent satisfaire chaque jour notre dent sucrée.

D'un point de vue touristique, Paris est belle. Et si tu as les moyens de tes envies, alors Paris est fantastique. Les théâtres, les musées, les petits restaurants, les bars branchés, les créateurs de mode… La vie parisienne nous donne presque envie de nous installer ici, au milieu de cette ébullition culturelle permanente où la diversité semble être une règle.


Cependant quelque chose cloche

Nous le sentons bien au quotidien. Quelque chose ne tourne pas rond. Quelque chose qui est bien loin de l'image que Paris souhaite montrer au reste du monde.
Des Parisiens pressés qui te bousculent dans le métro.
Des automobilistes qui préfèrent accélérer que de te laisser traverser au passage piéton.
Des serveurs impatients qui ne décrochent pas un sourire.
Des passants qui jettent des déchets dans la rue.
Un quartier gay dont la fierté semble cachée derrière les vitres des bars.

Peut-être suis-je trop critique ou trop amer envers la capitale de mon pays d'origine ? Mais il ne faut pas gratter beaucoup pour voir que derrière le vernis doré de Paris se cache une population stressée, déprimée parfois, où le respect et l'ouverture à l'autre semblent être des notions depuis bien longtemps remisées aux oubliettes.
Et rien ne sert de chercher les responsables pour les brûler en place publique, car les responsables sont en chacun de nous. Nous oublions vite ce qui fait que la vie en société est agréable. Ces petites choses qui ne prennent pas de temps, qui ne coûtent rien, mais qui feraient en sorte que Paris soit appréciée pour autre chose qu'une grande dame de ferraille.

Cela n'a de rapport ni avec le chômage, ni avec la hausse des impôts, ni avec la pollution, ni avec le coût élevé de la vie. Rien de politique. Rien de gouvernemental. Aucun rapport avec l'immigration, avec l'intégration, avec le mariage pour tous, avec la déstructuration du cocon familial. Ne cherchons plus d'excuses aberrantes qui ne font aucun sens, car les solutions sont pourtant simples. Offrir un sourire par ci. Un merci par là. Tenir la porte d'un magasin pour que le suivant ne la prenne pas dans la gueule. Attendre que les gens sortent de la rame de métro au lieu de pousser pour y rentrer avant tout le monde.

En fait, il s'agit simplement de prendre un sac plastique et de ramasser la merde que son chien vient de chier sur le trottoir. La base quoi...

LIRE LA SUITE ==> Chapitre 7 : La plus grosse blague belge

Auteur : Julien Valat

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