Chapitre 5 : Le jour du départ

6h00. Le réveil sonne. Merde, c'est aujourd'hui.
Des mois que t'attends, que t'en parles, que tu t'impatientes, que tu te sens prêt, puis pas prêt, puis prêt encore, puis tu sais plus. Des semaines que tu tournes et retournes tout ça dans ta tête, que tu prévois, prédis, présumes et prépares, tout en étant persuadé d'oublier des détails. Des jours que tu essaies de faire entrer tes affaires dans la valise, usant de théorèmes géométriques complexes, alors que la solution est simple : s'asseoir dessus et fermer le zip !


Puis il y a le jour du départ

J'aime les journées de préparation. J'aime aussi le jour qui suit l'arrivée à destination. Mais le jour du départ, lui, je le déteste. J'aimerais sérieusement pouvoir dormir toute cette jounée-là. Du genre je prends un somnifère, quelqu'un me transporte à l'aéroport, m'installe dans l'avion, m'en sort une fois arrivé et m'installe dans un hôtel pour que je puisse me réveiller dans le lit déjà à destination ! Cool comme service non ?
Parce que là, me lever à 6h du matin prêt à en découdre avec le rangement, le ménage, les au revoir et surtout le bouclage des bagages, c'est pas super zen. Et le résultat ne se fait pas attendre, à 10h du matin j'ai déjà tout terminé (au revoir à la famille inclus) alors que le vol est à 22h.


C'est là que le stress grimpe

Chez vous, peut-être que l'excitation monte proportionnellement avec l'heure du départ qui approche ? Et bien pour moi, la simple idée de prendre l'avion fait que c'est un mélange d'anxiété, d'appréhension et d'angoisse qui s'installe et pèse dans mon estomac. Donc logiquement, je fais chier les gens autour de moi (et par "gens", je veux surtout parler de Sébastien).

10h10 T'as vérifié dans le placard si t'avais tout pris ?
11h10 J'ai faim mais j'ai pas faim... Tu veux manger quoi, toi ?
12h10 En fait je veux du chinois… On va où ?
13h10 J'ai mal au ventre…
14h10 On part à quelle heure déjà ?
15h10 On ferme les valises ?
16h10 Merde j'ai besoin d'un truc dans ma valise...
17h10 Faut pas tarder à y aller non ?
18h10 Et là c'est l'heure de partir ?
19h10 J'enlève mes chaussures ? Ma ceinture aussi ?
20h10 Pour l'instant on dirait pas qu'il y a de retard hein ? Si ? Non hein ?
21h10 On peut embarquer là ? Là on peut hein ? Hein ?



22h10 L'avion décolle

Je ferme les yeux et serre la main de Sébastien autant que je peux, comme si le fait de me concentrer au maximum allait aider le pilote à ne pas faire exploser l'avion au décollage (sait-on jamais). Puis une fois l'avion - et ma peur irrationnelle - stabilisés à plus de 10 000 mètre d'altitude, je commence vraiment à me rendre compte que prendre l'avion ne doit vraiment être agréable que pour le pilote (ou pour celui qui peut se payer un jet privé avec cuisinier intégré). Sérieux, arrêtez de me dire "Oh mais j'adoooore prendre l'avion !" parce que je ne le crois plus.



Les 8 choses qui me font "adorer" l'avion


#1 Être à la droite d'une inconnue qui décide que l'accoudoir est le sien, en plus d'une bonne partie de ton siège, et si elle ne déborde pas encore sur ta tablette, c'est parce qu'elle est fermée. En bonus, il y a des chances que cette personne s'endorme sur ton épaule.

#2 Avoir une envie de pisser qui te prend, et au moment où tu déboucles ta ceinture, on t'annonce qu'il va y avoir des turbulences et que tu dois rester assis !

#3 Avoir toujours envie de pisser, et lorsque les turbulences s'arrêtent, tu te rends compte que ta voisine de gauche est en train de dormir et qu'il faut que tu la réveilles pour pouvoir sortir de ta rangée.

#4 Sortir des toilettes, et se rendre compte que cinq personnes attendent devant... Des toilettes qui devraient plutôt porter le nom de "Placard dans lequel tu fais caca". Et encore je me demande si IKEA ne vend pas des placards plus larges que ça.

#5 Enfin réussir à s'endormir et se faire réveiller par l'hôtesse pour choisir son repas "Alors Monsieur ? Pâtes ou poulet ?"

#6 Entendre le commandant annoncer des turbulences, alors que les hôtesses étaient en train de servir les plateaux repas à la rangée devant toi. "Excusez-nous, nous reprendrons la distribution du repas lorsque ce sera passé !"

#7 Atterrir à destination à l'avance, mais entendre le commandant de bord annoncer qu'il va falloir patienter vingt minutes à cause de la circulation sur la piste…

#8 Atterrir à destination EN RETARD, ET entendre le commandant de bord annoncer qu'il va falloir patienter vingt minutes à cause de la circulation sur la piste…

LIRE LA SUITE ==> Chapitre 6 : La plus grande exposition de Paris

Auteur : Julien Valat

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire