Chapitre 3 : Le changement de programme


- Salut mon coeur ! Bon, en fait, ça sert à rien que tu viennes à Cincinnati, je pense que je vais rentrer à Montréal…
- De quoi ?! Mais pourquoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Et bien, y'a un changement de programme...

Nul besoin de rentrer dans les raisons techniques de ce changement.

Généralement un changement de programme rime avec anxiété, déception, stress… C'est le pneu qui crève sur la route des vacances. L'orage qui gronde lorsque tu étales ta serviette sur la plage. La belle-mère qui sonne à la porte alors que tu venais de fermer l'oeil à l'heure de la sieste. Bref, la plupart d'entre nous voit le changement de programme comme une damnation, un horrible sort qui nous est jeté, un "mais pourquoi ça tombe toujours sur moi, putain ?!"... Alors que finalement, le changement de programme peut être cool. Il suffit de l'accepter, de s'y adapter, et de faire en sorte qu'il en découle quelque chose de meilleur !

Alors, adaptons-nous. Transformons ce changement de programme pas très positif à la base.

En quoi ? En un autre billet d'avion.
Disons… Un aller simple vers Paris !
Même date. Le 17 octobre.
Combien de temps ? Aucune idée.
Pas de plan ? Pas grave.


Commençons par la France !

Disons, environ trois mois. Jusqu'après les fêtes. Un gros défi pour moi de retrouver aussi longuement mon pays d'origine après toutes ces années de belle vie à Montréal. Mais mon plus gros défi est surtout de prouver à Sébastien que la France, c'est quand même un peu mieux que la connasse de serveuse de vingt piges qui nous avait servi à l'été 2012 dans ce bar branché de Pigalle.

Si toi, la serveuse, tu te reconnais dans ces lignes, j'espère que tu fais aujourd'hui un autre métier. Genre trier des ordures dans une déchèterie ou nettoyer les résidus de pisse dans les chiottes des tours à bureau le dimanche matin. Genre loin du public. Loin des touristes.

Pour résumer, la seule faute de Sébastien ce jour-là était d'avoir interpellé la serveuse avec un style et un accent peut-être un peut trop québécois, du genre "Hey, tu pourrais nous apporter un verre d'eau s'il te plaît ?". Là où je m'attendais plutôt au rire de la serveuse à cause de l'accent, ou encore à une question sur les origines de Seb, celle-ci a a levé le menton et avec tout le mépris et le fiel d'une grosse dinde parisienne, a répondu : "Alors déjà on dit Madame et on vouvoie quand on est poli".

Bienvenue à Paris ! Comment veux-tu contrer les clichés après ce genre de premier contact ? J'aurais préféré voir passer un gars en marinière avec une baguette sous le bras et un béret sur la tête...


Mais au moins, la barre n'est pas très haute.

En me forçant un peu, je devrais pouvoir lui montrer que la vie parisienne, la vie française en général, peut aussi être un tant soit peu agréable et respectueuse. Pas partout. Pas tout le temps. Mais c'est possible ! Enfin je crois… D'après ce que je me souviens en tout cas…
Je ne m'attends pas non plus à ce que quelqu'un nous aide à retrouver notre chemin dans la rue, ou qu'une serveuse nous accueille avec un grand sourire en nous demandant comment ça va. Soyons réalistes, je sais bien bien que ce sont de "mauvaises" habitudes que j'ai pris à Montréal.


LIRE LA SUITE ==> Chapitre 4 : Le regard des autres

Auteur : Julien Valat

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